Lhorie Pirnay Enseigner la gestion par un jeu d'entreprise

Assistance pour le séminaire de Simulation de Jeu d’Entreprise, également appelé Business Game, proposé depuis de nombreuses années aux étudiants de 3ème année du cursus sciences de gestion à l’Université de Namur.

Dans ce contexte, les étudiants sont amenés à travailler par équipe de trois à quatre personnes pour gérer une entreprise de production de chocolat ou de salaison pendant 8 trimestres fictifs. Durant ces 8 trimestres, l’objectif des étudiants est d’arriver à ce que leur entreprise fictive prospère dans un monde concurrentiel et régi par les difficultés. Les équipes sont mises à l’épreuves et évalué sur leur capacité à prendre des décisions managériales rapidement ainsi que la gestion de crise.

Cette année, nous avons utilisé la nouvelle plateforme en ligne orsiam.unamur.be tout au long du jeu, de l’inscription des étudiants à la soumission des résultats finaux. La plateforme est complète et permet de centraliser tous les aspects du jeu en un seul endroit :

  • Inscription des groupes
  • Encodage des décisions
  • Réception des résultats
  • Traitement des messages envoyés/reçus
  • Communication du jeu

 

Les étudiants doivent prendre des décisions pour le trimestre fictif suivant dans le jeu. La décision porte sur plusieurs éléments :

  • Marketing : les prix de vente, montant alloués à la recherche et au développement, montant de promotion publicitaire, étude de marché.
  • Opérationnel : quantités à produire, quantité à commander, gestion des matières premières
  • Ressources humaines : nombre d’ouvrier et de contremaîtres, salaires, primes, horaires.
  • Finance : investissement externes, recours à des crédits.

 

Du côté enseignant, nous assurons le bon fonctionnement du jeu en : communiquant des informations essentielles sur le marché, corrigeant les erreurs d’encodage des étudiants, simulant et transmettant les résultats. La plateformeorsiam.unamur.be est un espace partagé qui centralise les interactions entre les étudiants et les enseignants du cours.

 

En plus des crises liées aux fluctuations du marché et qui s’appliquent à tous les groupes, un moment fort de cette édition a été la très bonne réaction d’une équipe face à une erreur d’encodage au niveau des salaires. Cette erreur a poussé l’équipe à entamer des négociations (virtuelles) avec les syndicats et à revoir complètement la structure et l’organisation de son entreprise pour ne pas faire faillite.

  • Planifier et gérer + travailler avec les autres: Le timing de la simulation très serré (1 décision par semaine au début, ensuite 2 décisions par semaine) combiné à la diversité des choix lors de la prise de décision poussent les étudiants à apprendre à bien travailler en groupe: se répartir des tâches, faire confiance aux autres membres et se coordonner.
  • Accueillir l’incertitude, l’ambiguïté et les risques : Tout au long du jeu, des obstacles viennent bousculer les évènements (faillite de partenaires, pandémie, hausse des prix, etc.)
  • Créativité : Les étudiants doivent développer un nouveau produit de A à Z avec : un plan marketing complet, un plan de promotion incluant une publicité A3, un plan financier. Cette étape fait appel à leur créativité et leurs parts de marché seront liées à leurs résultats.
  • Apprendre de ses expériences : Au vu de la complexité de la simulation, nombreux sont les étudiants qui font des erreurs. La remise en question et la possibilité de réparer leurs erreurs rendent l’apprentissage final du séminaire plus riche.
  • Être polyvalent : Le cours de simulation de gestion implique de mettre en commun des connaissances dans de multiple domaines : la comptabilité, les ressources humaines, le management, la logistique, etc.
  • « Soft skills » : rédaction de rapports (en anglais), communication écrite, présentation orale, support de présentation.

J’ai appris que les étudiants apprennent plus par eux-mêmes, en mode « Learning by doing ». C’est en faisant des erreurs qu’ils apprennent et retiennent. Il ne faut pas trop les guider, les prendre par la main mais les laisser se débrouiller et faire des erreurs. J’ai également appris que le rôle de l’enseignant est alors de « recadrer » les équipes qui dévient. Personnellement, je trouve que ce genre de cours est un apprentissage également pour les enseignants. Le temps consacré à un tel projet peut est très conséquent mais la valeur ajoutée est largement supérieure à un cours théorique plus « classique ».

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